La valeur  des lacs, des rivières et des milieux humides

La valeur économique des services écologiques fournis par les milieux naturels fait l'objet d'un nombre croissant d'études. Nous pouvons notamment citer celles réalisées par la Fondation David Suzuki qui portent sur le capital écologique de la grande région de Montréal, et les projets de recherches publiés par le consortium Ouranos sur l'évaluation économique des biens et services écosystémiques dans le contexte des changements climatiques.

 

Depuis toujours, on estime que la nature offre ses services gratuitement.  Aucune valeur chiffrable n'est accordée au patrimoine naturel puisqu'il ne réfère à aucun marché économique existant. Or, ce nouveau champs d'études met en lumière l'importance de tenir compte de nouvelles considérations d'ordre environnemental et économique dans les choix de développement et d'investissement collectifs.

 

Tel que mentionné dans l'étude réalisée par Ouranos : « Cette négation en termes économiques de la rareté de certaines ressources naturelles, de leur importance pour les systèmes naturels et humains et de leur participation indéniable à la création de richesse et de bien-être entraîne un déséquilibre fondamental dans leur utilisation. Celui-ci engendre une distorsion dans la planification de l’aménagement et du développement de milieux urbains et périurbains où les arbitrages entre protection, exploitation et transformation des milieux naturels sont importants. »

 

À l'échelle d'un bassin versant, cela signifie que dans leur finalité, les données économiques  recueillies permettraient d'apposer aux cours d'eau, aux lacs, aux milieux humides et aux écosystèmes aquatiques une valeur chiffrable en terme monétaire et quantifiable en terme d’utilité au bien-être citoyen et à la prospérité régionale. Les décideurs pourraient donc bénéficier de nouvelles références plausibles et permanentes dans l'évaluation des impacts associés tant au statu quo qu'à l'amélioration ou à la dégradation de la qualité de l'eau et des écosystèmes

 

En quantifiant sous forme monétaire les bénéfices environnementaux dans une optique d’analyse coûts bénéfices, cette information serait donc utile entre autres dans le choix de politiques et de projets, de même que dans l'évaluation théorique des volontés à payer des contribuables pour la mise en place de mesures visant à protéger, améliorer et mettre en valeur l'eau et les écosystèmes. Elle pourrait donc servir d'outils pour sensibiliser à la fois les citoyens, les décideurs locaux et nationaux et les autres acteurs d’institutions publiques et privées, tout en fournissant des pistes de réflexions pour la mise sur pied de stratégies de gestion du territoire et des milieux naturels qui puissent améliorer la production et la qualité des biens et services écosystémiques.

 

Il est courant d'entendre quelqu'un qui, sans malice, s'approprie  son environnement comme un bien personnel, du genre : « Viens-voir mon lac ». Pour la grande majorité d'entre nous, cette appropriation symbolise avant tout un sentiment de fierté. Or, sans en être véritablement propriétaire, comme c'est le cas pour une auto ou à une maison, les lacs, les rivières et les milieux humides où vivent ces personnes possèdent aussi une valeur économique quantifiable dont on aurait, collectivement, tout intérêt à tenir compte.

 

Michel Lambert, directeur

 

les milieux humides au nord du lac Maskinongé : des milieux essentiels à la santé du lac.

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